Code des investissements
au Cameroun
Cahiers juridiques et fiscaux de l'exportation
1996
INTRODUCTION
Au Cameroun,
l'incitation à l'investissement est régie
par l'ordonnance n0 90/007 du 8 novembre 1990 portant
Code des Investissements et son décret d'application
n0 91/215 du 2 Mai1991.
En 1994,
ce dispositif d'encouragement a été
substantiellement modifié par les ordonnances
n094/00l, 002 et 003 du 24 Janvier 1994 modifiant
certaines dispositions du Code des Investissements
dans le cadre de la réforme fiscalo-douanière
UDEAC.
L'un des
objectifs de cette réforme fiscalo-douanière
étant de réduire les exonérations
d'impôts et taxes afin d'optimiser le rendement
fiscal national, les régimes fiscaux accordés
au titre du Code des Investissements ont été
remis en cause. Chaque régime a dû
être renégocié avec le Ministère
du Développement Industriel et Commercial.
La loi de
Finances pour 1995/1996 a confirmé cette
politique d'optimisation fiscale en réduisant
de 5 % à 0,5 % le taux d'abattement de la
valeur FOB des exportations et en imposant certains
produits de base livrés aux Zones Franches
Industrielles.
Cette réforme
n'a cependant pas supprimé le Code des Investissements
qui demeure toujours en vigueur et présente
encore un certain intérêt pour tout
investisseur désireux de s'engager économiquement
au Cameroun.
Il est cependant
manifeste que désormais, avec la libéralisation
de l'économie camerounaise et la réforme
fiscalo-douanière, le Code des Investissements
présente un intérêt essentiellement
fiscal; les avantages économiques, douaniers
et commerciaux prévus par le Code relevant
quasiment du droit commun.
Après
la présentation du champ d'application du
Code des Investissements (I) et de la procédure
d'agrément (Il), seront exposés les
avantages communs à l'ensemble des régimes
du Code des Investissements (III). Les différents
régimes proposés par ce Code seront
ensuite analysés séparément,
avec leurs spécificités respectives
(IV). En dernier lieu, le statut des Zones Franches
Industrielles fera l'objet d'une étude distincte,
compte-tenu de son particularisme (V).
I - CHAMP
D'APPLICATION DU CODE DES INVESTISSEMENTS
Peuvent
solliciter l'agrément à l'un des régimes
du Code des Investissements :
- toute
personne physique ou morale camerounaise ou étrangère,
- qui crée ou développe une activité
économique orientée vers :
- la valorisation des ressources naturelles nationales,
- la création d'emplois nouveaux,
- la production des biens et services compétitifs
pour la consommation interne et l'exportation,
- l'accroissement des exportations des produits
manufacturés,
- le transfert et l'adoption de technologies appropriées,
- la protection de l'environnement,
- l'amélioration de la qualité de
la vie en milieu rural et urbain,
et dont
l'activité rentre dans un de ces secteurs
:
- la production agricole, la transformation de produits
agricoles, l'élevage, la pêche, l'exploitation
forestière assortie de la transformation
du bois, le stockage et la conservation des produits
alimentaires,
- la transformation des hydrocarbures, l'extraction
et la transformation des ressources minières,
la fabrication de produits de bâtiments et
travaux publics, la transformation de matières
aboutissant à la production d'un bien,
- la construction de bâtiments et travaux
publics, la réparation navale, les recherches
technologiques et gestion de données, les
formations hospitalières et laboratoires
d'analyses médicales, les établissements
de restauration intégrés dans un ensemble
touristique ou implantés dans un site reconnu
d'intérêt touristique, les établissements
d'hébergement susceptibles de faire l'objet
d'un classement, les agences de tourisme agréées,
la confection, la maintenance des équipements
industriels axée sur la fabrication de pièces
de rechange, les laboratoires d'essai, d'analyse
et de contrôle de matières premières,
de produits finis ou semi-finis utilisés
ou produits par l'industrie.
II -
PROCEDURE D'AGREMENT
1.
La Cellule de Gestion du Code des Investissements
Pour bénéficier
de l'un des régimes proposés par le
Code des Investissements, l'entreprise doit présenter
une demande d'agrément auprès de la
Cellule de Gestion du Code des Investissements (CGCI),
à l'exception du régime des Zones
Franches Industrielles qui relève de la compétence
de l'Office National des Zones Franches Industrielles
(ONZFI), voir infra.
Cellule
de Gestion du Code des Investissements
Immeuble ex-ONCPB. 3ème étage
Boîte Postale 15438
DOUALA - CAMEROUN
Tél (237)42.59.46/43.31.11
Fax : (237) 43.30.07
Les dossiers
de demande d'agrément doivent comporter une
liste de pièces dont le détail figure
à l'article 39 du décret n091/215
du 2 Mai 1991.
2.
L'agrément au Code des investissements
L'agrément
d'une entreprise à l'un des régimes
du Code des investissements est octroyé par
acte réglementaire.
L'acte
d'agrément spécifie :
a)
En ce qui concerne l'entreprise :
- la raison
sociale et les statuts de l'entreprise bénéficiaire,
- le lieu d'implantation de l'entreprise faisant
ressortir qu'elle n'est pas dans une zone interdite
pour l'exercice de l'action concernée,
- le programme d'investissement physique et financier
que l'entreprise propose,
- la politique d'emploi et de formation professionnelle
de l'entreprise,
- les objectifs poursuivis dans le programme d'investissement
qui doivent être conformes aux critères
d'éligibilité correspondant au régime
accordé.
b)
En ce qui concerne l'administration :
- les critères
d'éligibilité pour lesquels l'agrément
est accordé,
- le régime et les avantages consentis en
distinguant ceux relatifs à la phase d'installation
de ceux relatifs à la phase d'exploitation;
le passage d'une phase à l'autre étant
subordonné à un contrôle.
Toute entreprise
agréée à l'un des régimes
du Code des Investissements doit devenir opérationnelle
(début de construction et d'équipement
de l'entreprise) au plus tard dans les deux ans
à compter de la date de signature de l'acte
d'agrément. A défaut et en l'absence
de raison valable, l'acte d'agrément devient
caduc.
III-
AVANTAGES COMMUNS A L'ENSEMBLE DES REGIMES
Le
Code des Investissements a mis en place plusieurs
avantages communs aux différents régimes
proposés.
1.
Avantage administratif : le guichet unique
L'entreprise
agréée à l'un des régimes
du Code des Investissements bénéficie
automatiquement de la gestion centralisée
de ses dossiers d'autorisations nécessaires
à son activité, au niveau de la Cellule
de Gestion du Code des Investissements.
Tous les
dossiers sont traités par le guichet unique
(obtention des dérogations prévues
par les textes, autorisation d'exercer certaines
activités, visas pour le personnel national
et étranger, permis de séjour, accès
aux documents administratifs en matière d'importation,...).
2.
Avantages économiques
Tout investissement
agréé à l'un des régimes
du Code des Investissements bénéficie
de la garantie des risques non commerciaux de l'article
15 du Traité instituant l'Agence Multilatérale
de Garantie des Investissements ratifié par
le Cameroun.
Par ailleurs, les produits finis ou semi-finis transformés
au Cameroun et exportés par l'entreprise
agréée sont exonérés
des droits de sortie et des taxes d'assurance et
de transports.
En dernier
lieu, l'entreprise qui exporte une partie ou la
totalité de sa production industrielle peut
déduire de son revenu un montant non reportable
égal à 0,5 % de la valeur FOB des
exportations de ses produits finis ou semi-finis
transformés (avant le 1er Juillet 1995, le
taux d'abattement était de 5 %).
3.
Avantages douaniers
L'entreprise
agréée bénéficie d'un
taux douanier extérieur commun comportant
des taux de douane modérés sur les
équipements et les matières premières
destinées aux entreprises.
Il importe
de préciser que la politique de libéralisation
économique poursuivie par le Cameroun ces
dernières années a assoupli la réglementation
douanière en vigueur, ce qui relativise quelque
peu les avantages octroyés en la matière
aux entreprises agréées.
IV -
REGIMES PROPOSES PAR LE CODE DES INVESTISSEMENTS
DU CAMEROUN ET LEURS SPECIFICITES RESPECTIVES
Le Code des Investissements du
Cameroun comporte plusieurs régimes d'incitation
à investir.
- Pour la création d'entreprises
nouvelles, le Code des Investissements a organisé
:
- le régime
de base,
- le régime
des petites et moyennes entreprises,
- le régime
des entreprises stratégiques
- Pour la création d'entreprises à
vocation exclusivement exportatrice, le Code des
Investissements a prévu :
- le régime
de la zone franche industrielle
- Pour les entreprises existantes et en fonctionnement,
le Code des Investissements a mis en place :
- le régime
de réinvestissement.
Les avantages
fiscaux accordés dans le cadre de ces différents
régimes prennent en compte l'avancement du
projet d'investissement et distinguent la phase
d'installation, de la phase d'exploitation.
Pendant
la phase d'installation, l'entreprise est tenue
de fournir un cautionnement ou une caution personnelle
et solidaire pour garantir de la différence
entre le montant des droits et taxes exigibles en
droit commun et celui réduit des droits et
taxes résultant de l'agrément.
La phase d'installation peut être prorogée
par requête motivée présentée
à la Cellule de Gestion du Code des Investissements,
sur demande motivée ou force majeure.
Il convient
à présent d'exposer les différents
régimes d'investissements avec leurs spécificités
respectives.
1.
Régime de base
a)
Conditions d'éligibilité
Pour pouvoir
bénéficier du régime de base
du Code des Investissements , le projet présenté
doit:
- créer
des emplois pour les camerounais (I par tranche
de 10.000.000 F. CFA d'investissement),
OU
- avoir à l'exportation une activité
annuelle d'au moins 25 % du chiffre d'affaires hors
taxes,
OU
- utiliser des ressources naturelles nationales
autres qu'énergétiques et/ou des biens
produits au Cameroun à concurrence d'au moins
25 % de la valeur de ses intrants.
b)
Avantages
En sus des
avantages administratifs, économiques et
douaniers communs à l'ensemble des régimes
du Code des Investissements (voir III), les entreprises
agréées au régime "de
base" bénéficient des avantages
fiscaux suivants
- Durant
la phase d'installation (trois ans)
-
exonération des droits d'enregistrement des
actes d'augmentation de capital,
- exonération des droits
d'enregistrement des baux d'immeubles à usage
exclusivement professionnel faisant partie intégrante
du programme d'investissement retenu (contre 10
% en droit commun),
- exonération des droits
de mutation sur l'acquisition des immeubles, terrains
et bâtiments indispensables à la réalisation
du programme (contre 15 % en droit commun),
- exonération des droits
d'enregistrement des contrats de fourniture des
équipements et de construction des immeubles
nécessaires à la réalisation
du programme, réduction de 50 % de l'impôt
sur les sociétés à partir de
la première année d'imposition (le
taux de droit commun étant de 38,5 %),
- exonération de la taxe
spéciale d'enregistrement des contrats d'assurance
de l'entreprise.
- Durant
la phase d'exploitation (durée renouvelable
de cinq ans)
-
exonération du minimum de perception exigible
au titre de l'impôt sur les sociétés,
- réduction de : - 50 %
de l'impôt sur les sociétés
pour les personnes morales (le taux de droit commun
étant de 38,5 %), - 50 % de l'impôt
sur les bénéfices industriels et commerciaux
pour les entreprises individuelles,
- réduction de 50 % de
la taxe proportionnelle sur les revenus de capitaux
mobiliers (le taux de droit commun pour les actionnaires
non camerounais étant de 25 %),
- report possible sur les résultats
des cinq exercices suivants du déficit résultant
de l'imputation des amortissements normalement comptabilisés
pendant les trois premiers exercices,
- déduction du revenu imposable
de l'entreprise d'un montant non reportable égal
à 50 % des transports et utilités,
lorsque celle-ci s'installe dans une zone éloignée
des grands centres urbains.
2.
Régime des petites et moyennes entreprises
a)
Conditions d'éligibilité
Les
entreprises doivent remplir les conditions ci-dessous
pour solliciter l'agrément au régime
"des petites et moyennes entreprises" (PME)
- créer
des emplois permanents pour des camerounais (1 emploi
par tranche de 5.000.000 F.CFA d'investissements),
OU,
- avoir un niveau d'investissement inférieur
ou égal à I milliard et demi de francs
CFA, ET,
- avoir une participation au capital de la société
de personnes physiques de nationalité camerounaise
ou de société de droit camerounais
à hauteur d'au moins 35 % de ce capital.
Le décret
n091/215 du 2 Mai 1991 précise qu'il s'agit
d'une participation effective au capital et exclut
l'utilisation de contre-lettre.
b)
Avantages
Nonobstant
les avantages administratifs, économiques
et douaniers déjà exposés au
chapitre III, les opérateurs économiques
agréés au régime "petites
et moyennes entreprises" bénéficient
des avantages fiscaux suivants:
- Durant
la phase d'installation (trois ans)
Durant la
phase d'installation, les entreprises agréées
au régime "petites et moyennes entreprises"
jouissent des mêmes avantages fiscaux que
ceux accordés aux entreprises en régime
"de base".
- Durant
la phase d'exploitation (durée non renouvelable
de sept ans)
En phase
d'exploitation, l'entreprise agréée
au régime "des PME" bénéficie
des mêmes avantages fiscaux qu'en régime
"de base", avec au surplus. la possibilité
de déduire de son revenu imposable un montant
non reportable égal à 25 % de la masse
salariale versée aux salariés de nationalité
camerounaise au cours de l'exercice considéré.
3.
Régime des entreprises stratégiques
a)
Conditions d'éligibilité
Pour être
agréé au régime "entreprise
stratégique", il faut :
- être
déclarée stratégique dans le
Plan Directeur d'Industrialisation, ET,
- avoir une activité à l'exportation
égale au moins à 50 % de son chiffres
d'affaires annuel hors taxes, OU,
- utiliser les ressources naturelles nationales,
à l'exclusion des ressources énergétiques
et/ou les biens ou services produits au Cameroun
à concurrence d'au moins 50 % de la valeur
de ses intrants, OU,
- créer des emplois permanents pour des camerounais
(1 emploi par tranche de 20.000.000 F. CFA d'investissement).
Si
ces conditions sont remplies par l'entreprise, une
convention avec l'Etat camerounais pourra être
signée, précisant les engagements réciproques
des parties.
b)
Avantages
En sus des
avantages administratifs, économiques et
douaniers exposés supra chapitre III et IV,
les opérateurs économiques agréés
au régime "entreprises stratégiques"
bénéficient des avantages fiscaux
suivants
- Durant
la phase d'installation (trois ans)
Pendant
la phase d'installation, les avantages fiscaux accordés
en régime "entreprises stratégiques"
sont identiques à ceux octroyés en
régime "de base".
- Durant
la phase d'exploitation (durée non renouvelable
de douze ans)
En phase
d'exploitation, l'entreprise agréée
au régime des "entreprises stratégiques"
bénéfice des mêmes avantages
fiscaux qu'en régime "de base",
avec au surplus, la possibilité de déduire
de son revenu imposable un montant non reportable
égal à25 % de la masse salariale versée
aux salariés de nationalité camerounaise
au cours de l'exercice considéré.
4.
Régime de réinvestissement
a)
Conditions d'éligibilité
Si une entreprise est régie par le droit
commun ou par un régime spécial arrivé
à expiration, elle peut solliciter l'agrément
au régime "de réinvestissement"
à condition que son programme:
- ait été
agréé au régime de réinvestissement
du Code Général des Impôts,
ET,
- prévoit un accroissement de productivité
et une augmentation de production d'au moins 20
% par rapport à la situation au moment du
dépôt de sa demande d'agrément,
OU,
- lui permette de proposer une catégorie
de prestations supérieure à celle
qu'elle était capable de fournir au moment
du dépôt de sa demande d'agrément.
b)
Avantages
En sus des
avantages administratifs, économiques et
douaniers exposés supra (page 689), les opérateurs
économiques agréés au régime
"de réinvestissement" bénéficient
de certains avantages fiscaux qui, contrairement
aux régimes précédemment étudiés,
n'évoluent pas avec le temps.
Pendant
une période de trois ans à partir
de la date d'octroi de l'agrément, l'entreprise
agréée au régime "de réinvestissement"
bénéficie
- d'une
réduction d'impôt sur les sociétés
ou de la taxe proportionnelle sur le revenu des
personnes physiques sur la base de 50 % des réinvestissements
admis,
- d'une exonération des droits d'enregistrement
des actes d'augmentation de capital,
- d'une exonération des droits d'enregistrement
des baux d'immeubles à usage exclusivement
professionnel faisant partie intégrante du
programme d'investissement retenu par l'entreprise.
V - REGIME
DE LA ZONE FRANCHE INDUSTRIELLE
L'ordonnance
n0 90/001 du 29 Janvier 1990 a créé
le régime de la Zone Franche industrielle
et du Point Franc industriel au Cameroun et l'arrêté
n0 5 IIMINDIC/IGI du 28 Décembre 1990 en
a fixé les modalités d'application.
Les dossiers
de demande d'octroi du statut de Zone Franche industrielle
ou Point Franc industriel doivent être soumis
à l'Office national des Zones Franches industrielles
(ONZFI).
Le ministre
chargé du Développement Industriel
prend l'arrêté accordant le statut
de Zone Franche industrielle lequel arrêté
est notifié au candidat par l'ONZFI.
Office National
des Zones Franches industrielles
Boîte Postale 925
DOUALA - CAMEROUN
Tél
: (237) 43.34.44
Fax: (237)43.33.17
a)
Conditions
Les conditions
exigées pour pouvoir bénéficier
du statut de Zone Franche industrielle ou Point
Franc industriel sont les suivantes:
- utiliser
au plus tard à l'issue de la Sème
année, au moins 80 % de personnel camerounais
et assurer leur formation professionnelle continue,
- produire des biens ou services destinés
exclusivement à l'exportation ou à
des marchés extérieurs au Cameroun.
Remarque
: Une entreprise de la Zone Franche industrielle
peut exporter à titre exceptionnel, une partie
de sa production vers le territoire douanier national,
selon des conditions fixées par le ministère
de l'Industrie.
- ne pas
produire des effets nuisibles pour l'environnement,
- ne pas être en possession, sans autorisation
préalable, de produits dont l'entrée
et lestockage sont interdits dans une Zone Franche
industrielle,
- ne pas exercer en dehors de la Zone Franche
industrielle les activités pour lesquelles
l'agrément est sollicité,
- offrir toutes les facilités et accorder
tout appui aux agents des forces de sécurité
camerounaises qui assurent la police et le maintien
de l'ordre dans les Zones Franches Industrielles,
- organiser les services de sécurité
propres dans les Zones Franches industrielles.
Remarque
: La loi de Finances 1995/1996 a exclu
du statut de Zone Franche Industrielle les entreprises
d'exploitation forestière. Les industries
de transformation de bois sont cependant toujours
éligibles à ce régime.
b)
Avantages
- Avantages
commerciaux
Le Programme
Général des Echanges (PGE) en vigueur
au Cameroun ne s applique pas aux Zones Franches
industrielles. A ce titre, les importations et les
exportations ne sont assujetties ni à une
licence, ni à une autorisation, ni à
une limitation de quotas.
Il importe
de rappeler que le droit commun de la réglementation
douanière camerounaise a été
assoupli ces dernières années dans
le cadre de la libéralisation de l'économie
et de la réforme fiscalo-douanière;
ce qui relativise quelque peu les avantages accordés
dans ce domaine aux entreprises des Zones Franches
industrielles.
Les importations et les exportations des Zones Franches
industrielles sont subordonnées à
la formalité de déclaration préalable
aux fins de statistiques pour l'ONZFI et d'inspection
et de contrôle par les services douaniers.
Aucun contrôle
de prix ou de marge bénéficiaire ne
s'applique aux produits et services des entreprises
de Zones Franches industrielles.
- Avantages
fiscaux
Les entreprises
agréées Zone Franche industrielle
ou Point Franc industriel bénéficient
d'importants avantages fiscaux :
- exonération
totale pendant les dix premières années,
des impôts et taxes directs et/ou indirects
en vigueur ou à créer ainsi que des
droits d'enregistrement et de timbre de quelque
nature que ce soit,
- à
partir de la 11ème année d'exploitation,
même exonération, à l'exception
de l'impôt sur les bénéfices
industriels et commerciaux (BIC) auxquels elles
Sont soumises au taux global de 15 %.
Le bénéfice
fiscal déterminé en application des
dispositions du Code Général des Impôts
s'obtient après imputation :
- d'une
somme égale à 25 % de la masse salariale
versée aux salariés de nationalité
camerounaise au cours de l'exercice,
- d'une somme égale à 25 % des dépenses
d'investissements de l'exercice.
En cas de
changement des règles d'assiette de l'impôt
sur les BIC, les nouvelles dispositions ne s'appliquent
aux entreprises agrées que si elles leur
sont plus favorables.
- les déficits
subis en cours de période d'exonération
sont considérés comme des charges
des exercices suivants et déduits des bénéfices
réalisés pendant lesdits exercices,
sans limitation du délai de report,
- non-obligation de réinvestir la réserve
spéciale de réévaluation des
immobilisations prescrite par les lois et règlements
en vigueur,
- exonération des droits de mutation pour
toute vente de propriété immobilière
au sein de la ZFI,
- exonération de toute taxe sur le transfert
de devises pour tout achat ou vente de devises par
une entreprise de la ZFI.
- Avantages
douaniers
Toutes les
exportations d'une entreprise de Zone Franche industrielle
sont exonérées de tous droits et taxes
de douane et de tous autres impôts, droits
et taxes directs et/ou indirects, actuels et futurs.
S'agissant des importations, celles-ci étaient
exonérées, tout comme les exportations,
de tous droits et taxes jusqu'au 30 Juin 1995.
Depuis le
1er juillet 1995 (Loi de finances 1995/1996) les
livraisons aux Zones Franches industrielles de café,
cacao, plantes médicinales, bois en grumes,
caoutchouc, sucre, huile de palme et bananes sont
assimilées à des exportations et,
de ce fait, soumises au droit de sortie ou au prélèvement
à l'exportation applicable à ces produits.
CONCLUSION
Au terme
de cette présentation analytique des incitations
à l'investissement en vigueur au Cameroun,
il est nécessaire de constater que celles-ci
s'inscrivent dans une optique essentiellement fiscale
depuis la politique de libéralisation de
l'économie et les mesures prises par le gouvernement
camerounais dans le cadre de la réforme fiscalo--douanière
UDEAC.
Afin de
redonner au Code des Investissements du Cameroun
les moyens pour lui permettre d'assurer pleinement
sa vocation attractive auprès des investisseurs
nationaux et étrangers, il paraît nécessaire
d'en revoir les dispositions.
Selon la Cellule de Gestion du
Code des Investissements, des travaux préparatoires
ont déjà été lancés
en ce sens. Certains font même état
d'un code des investissements régional.
Kenneth WEISSBERG
Avocat à la Cour
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